11/7/13

Marx et la mobilité sociale

Patrick Massa  |  Le marxisme et les sciences sociales académiques prétendant détenir les clefs d’une compréhension scientifique du monde social, il est intéressant de les confronter sur un terrain étroitement délimité. Il est admis que l’optique marxiste serait par essence inattentive aux réalités qu’étudie la sociologie de la mobilité sociale, c’est-à-dire les déplacements des individus dans l’échelle sociale. Le décalage chronologique entre la France et les Etats-Unis dans le développement des travaux sur la mobilité sociale serait imputable au poids du marxisme si l’on en croit Les Sociologues et la mobilité sociale (1993) de Charles-Henri Cuin Il rappelle par exemple que le jeune Alain Touraine fut envoyé par l’économiste marxiste Charles Bettelheim au IIe Congrès mondial de sociologie à Liège en 1953 afin de contester l’intérêt même de ce type d’étude. Le démographe Jacques Dupâquier évoque dans La Société française au XIXe siècle.

La conception marxiste de l'histoire

Eric Hobsbawm |  Dans ces textes inédits, l’auteur partage sa passion pour l’histoire. Il se souvient, alors qu’il était jeune juif autrichien, des titres des journaux le jour où Hitler est devenu chancelier. Avec modestie, il avoue avoir consacré sa vie à une cause qui manifestement a échoué : le communisme initié par la révolution d’octobre. Mais rien n’aiguise l’esprit de l’historien comme la défaite.

Comme aucun autre historien contemporain, Eric Hobsbawm explique pourquoi et comment le matérialisme de Marx s’est imposé au coeur de la démarche des historiens. Il oppose l’approche de Levi Strauss et celle de Marx. Il nous éclaire sur la curieuse histoire de l’Europe, l’histoire populaire, la révolution russe et la montée de la barbarie contemporaine.